Un Noël à la virgule près

Atelier d’écriture du GEM Connexion + – L’Original – n°07 – février 2014
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noelCe Noël, il ne faisait pas froid et il n’y avait pas de feu dans la cheminée. Pas de cadeau non plus au pied du sapin.

Vivement le 1er janvier et ses étrennes.

Ces dernières arrivèrent plus vite que prévu par virement sur mon compte bancaire le 27 décembre. Comme je le regardais, je fus d’abord surpris par la longueur du chiffre, puis, je me rendis compte qu’il y avait une erreur.

« Erreur de la banque en votre faveur », pensai-je. Puis, je fus saisi d’effroi : on me versait cent fois la somme que j’attendais. Certes, j’étais riche, mais cela me paraissait irréel. Je téléphonai à mon service financier pour leur faire part de cette erreur ; on me répondit que le virement était bloqué. En fait, je m’aperçus bien vite que c’était mon compte qui était bloqué : retrait au distributeur impossible ; au guichet, on me disait que je devais de l’argent…

Quelques jours passèrent et, moyennant des coups de fils quotidiens, mon compte me fut de nouveau accessible. Mais il y avait enquête pour fraude et compte bloqué voulait dire également : plus de découvert autorisé.

Cet étrange cauchemar dura un mois au cours duquel on me disait tantôt que tout allait bien, tantôt que l’on surveillait mon compte ; on me proposa aussi une carte de crédit plus adaptée à mes nouvelles richesses… Une fois, on me raccrocha au nez.

Mais ni l’auteur de l’erreur ni ma banque ne m’ont appelé ; c’est moi qui secouais le cocotier pour faire avancer les choses.

Enfin, le prélèvement des sommes arrivées à tort sur mon compte était effectué. Une semaine plus tard, le virement tant attendu se fit. Tout redevenait normal : je n’étais plus riche.

Et on m’expliquait qu’une erreur informatique était la cause de tous ces tracas, un bug : une mouche avait dû tomber sur la virgule et l’avait effacée.